Saluons nos 5 équipages qui n’ont pas démérité pendant ce mois de traversée où là encore nous avons la preuve que les « gros nez » prennent le pouvoir face à nos belles classiques étraves. Bravo à Patrice Carpentier avec Charles Capon qui pendant toute la course aura flirté avec la 6ème place, Adrien et Damien Zucconi 8ème, Benoit Rousselin et Tanguy Aulanier 10ème, Bruno Sallé de Chou et Bernard Graffan 20ème, Jean-Gabriel et Timothée Petit, les cousins benjamins de la course 22ème, Emmanuel Vignon et Jacques Montecot 30ème ayant du relâcher à Porto Santo après avoir heurté un Ofni qui avait créé une voie d’eau. L’ami Patrice Carpentier nous livre ici un aperçu de cette course hors norme avant de reprendre ce jour la route du retour sur son JPK 9,60 qui a fait la course avec Morgane Robin et Véronique Ansel.
A la veille de notre départ demain, le 21 mai, pour La Trinité sur mer à bord de mon JPK 9.60 Groupe 5, je vous adresse ici un résumé de la Cap Martinique à laquelle je participais en double sur Agir Tôt (un Beepox 9.90 m) avec le jeune Charles Capon. La particularité de cette 3ème édition de la Transat en double et en solitaire organisée par Thibaut Derville et Jean-Philippe Cau qui comptait 45 bateaux au départ de La Trinité tenait en divers points :
1/ La présence des nouveaux IRC typés Scow (JPK 10.50 et Pogo RC) qui ont clairement affiché leur supériorité de vitesse dès le départ. Ils prennent les premières places dans les deux catégories, double et solitaire, à la fois en temps réel et en temps compensé. Au scratch, l’architecte Samuel Manuard et son coéquipier Erwann Le Mene, qui officie à Orlabay, ont constamment occupé la première place sur leur Pogo abondamment toilé mais se font souffler la victoire en temps compensé par le tandem Eric Guigne/Paul Maxime sur le JPK 10.50 Ose. En solo, la lutte pour la plus haute marche du podium s’est jouée sans surprise entre Alex Ozon et Jean-Pierre Kelbert, tous deux en JPK 10.50, au bénéfice du premier cité.
2/ Les « Pointus », IRC conventionnels ont dû se contenter des accessits : en double le JPK 10.80 Slenergies V1D2 finit 5ème, donc derrière 4 Scows, devant votre serviteur et en solo (moins nombreux que les doubles), l’ami Ludovic Menahes, prend la place de 4ème (derrière 3 Scows) sur son fidèle JPK 10.10.
3/ La Cap Martinique, dont le parcours oblige à laisser l’île de Porto Santo à tribord, se joue pour beaucoup au passage de Madère qu’on va contourner par le nord si on choisit une route ouest, voire NW, pour rallier la Martinique, ou par l’est si on choisit la « Route des Alizés ». En cette 3 ème édition, tous les bateaux sauf 3, ont emprunté la route sud et même très sud pour se tenir dans un flux de NE puis d’Est soutenu. Cette option présente l’inconvénient de rallonger singulièrement la route mais l’avantage de naviguer au portant. Ainsi,le Pogo, vainqueur en temps réel a effectué près de 5000 milles sur l’eau (pour 3600 nautiques de distance théorique) à une vitesse moyenne de 10 nds… On peut regretter toutefois qu’aucun Scow n’ait tenté l’option ouest car il y avait peut-être une opportunité intéressante aux dires du premier équipage ayant choisi cette option. Les Sargasses. Elles sont de plus en plus présentes sur cette portion de l’Atlantique, se prennent dans la quille, les safrans, ralentissent le bateau, le rendent même parfois impossible à barrer, demandent des exercices parfois dangereux pour s’en débarrasser. Il faudrait inventer un poisson qui absorbe ces « gênes » à la navigation.
4/ Starlink a révolutionné la communication. On échange comme à la maison. Du coup le WhatsApp des concurrents abonde en messages en tout genre et facilite, ce faisant, la résolution des problèmes rencontrés par les uns et les autres. 5 solitaires ont toutefois dû se retirer de la course, trois prématurément, les deux autres peu avant l’arrivée : l’un, car son bateau a démâté (il a rallié la baie du Marin par ses propres moyens) et l’autre car il s’est gravement blessé à la main au point d’être évacué de son bateau alors qu’il était à proximité de l’île. Un équipage double a également subi un démâtage. 5/L’attention que prête les organisateurs aux coureurs est toujours aussi remarquable et contribue grandement au succès de cette Transat. Tous les concurrents, sans exception, ont été accueillis sur l’eau quel que soit l’heure où ils franchissaient la ligne puis au « quai d’honneur » de la marina. Il y a eu plusieurs remises des prix pour que les attardés ne soient pas lésés… Thibaut et Jean-Philippe et leur bataillon de bénévoles sont en permanence à l’écoute des compétiteurs et font vraiment un sacré boulot. L’ambiance est extra… Patrice Carpentier
Le gros des équipages a regagné la métropole pour replonger dans le quotidien. Nous vous offrirons en exclusivité, les réflexions de Timothée Petit de retour en région parisienne. En attendant au moment de quitter Fort de France ils faisaient plaisir à voir.